Circulaire relative à l’affichage électoral dans le cadre des élections municipales et communautaires de 2026 – règles d’organisation des panneaux d’affichage électoraux
À l’approche des élections municipales qui se tiendront les dimanches 15 et 22 mars 2026, le ministère de l’Intérieur a adressé aux maires une circulaire signée le 30 décembre 2025 précisant les règles d’organisation de l’affichage électoral, mise en ligne le 5 janvier 2026. Celle-ci comporte 8 pages et 1 annexe. Elle porte exclusivement sur l’installation et l’utilisation des panneaux électoraux. Cette circulaire consacre une évolution majeure : les règles d’affichage sont désormais identiques dans toutes les communes, quelle que soit leur taille. Cette harmonisation résulte de l’entrée en vigueur de la loi du 21 mai 2025. Les principaux points abordés dans le cadre de cette circulaire sont les suivants :
1) L’installation des emplacements : une obligation dès le 2 mars 2026 (date d’ouverture officielle de la campagne électorale)
La campagne électorale officielle s’ouvrira le lundi 2 mars 2026 à zéro heure. En application de cette circulaire, les maires doivent impérativement installer les emplacements d’affichage électoral avant cette date d’ouverture de la campagne officielle. La règle impose d’établir au moins une série d’emplacements à côté de chaque lieu de vote (article R.28 du Code électoral). Il est précisé que si un même site (lieu) regroupe plusieurs bureaux de vote, une seule série d’emplacements suffit. Il faut rappeler qu’un emplacement d’affichage électoral correspond au lieu d’installation des panneaux, et non à un panneau individuel. Chaque emplacement doit permettre l’apposition d’une affiche de petit format (A3) et d’une affiche de grand format (A1), respectivement 297 mm x 420 mm et 594 mm x 841 mm (en application des articles R.27 et R.39 du Code électoral), dans des conditions identiques pour toutes les listes. L’apposition des affiches électorales est réalisée sous la seule responsabilité des listes de candidats ou de leurs représentants qui doivent recourir à leurs moyens propres pour y procéder. À noter que l’installation d’un « panneau zéro » pour l’affichage du décret de convocation n’est pas obligatoire.
2) Emplacements facultatifs
En complément des emplacements obligatoires, les communes ont la liberté de créer des emplacements supplémentaires facultatifs pour s’adapter aux circonstances locales. Toutefois, leur nombre est plafonné selon le nombre d’électeurs, dans les limites suivantes (conformément à l’article R.28 du Code électoral) :
jusqu’à 5 emplacements dans les communes de moins de 500 habitants ;
jusqu’à 10 emplacements dans les communes comptant entre 501 et 5 000 habitants ;
au-delà de 5 000 habitants, 10 emplacements, auxquels s’ajoute un emplacement supplémentaire par tranche ferme de 3 000 électeurs (obtenue en divisant par 3 000 le nombre total d’électeurs dans la commune), majoré d’une unité complémentaire par fraction supérieure à 2 000.
Ces plafonds constituent un maximum. Les communes restent néanmoins libres d’adapter leur dispositif en fonction des contraintes locales et du nombre de listes candidates attendues. Si les maires souhaitent réduire le nombre d’emplacements d’affichage dont dispose leur commune, ils sont invités à anticiper cette décision et à la mettre en œuvre suffisamment en amont du scrutin, afin de faciliter les opérations d’affichage. Il est recommandé d’informer par tout moyen les listes de candidats de ce changement. Il faut noter enfin, qu’en cas de carence, notamment si les emplacements obligatoires ne sont pas installés ou s’ils ne permettent pas l’affichage réglementaire, le préfet peut se substituer à la commune pour assurer la mise en conformité.
(3) Modalités d’attribution des panneaux : Tirage au sort généralisé
Les emplacements d’affichage sont attribués aux listes par tirage au sort organisé par le préfet pour chaque commune. Nouveauté importante pour 2026 : jusqu’ici réservée aux communes de plus de 1 000 habitants, suite à l’harmonisation du mode de scrutin par la loi du 21 mai 2025, les règles d’attribution par tirage au sort s’appliquent désormais également aux communes de moins de 1 000 habitants. En cas de second tour, l’ordre des listes issu du tirage au sort du premier tour est conservé entre les listes encore en présence. Lorsqu’une fusion intervient, l’ordre retenu est celui de la liste dite « d’accueil », c’est-à-dire celle qui conserve la même tête de liste ou, à défaut, celle qui présente le plus grand nombre de candidats sur la liste fusionnée.
4) Adaptation des panneaux en cas de candidatures nombreuses
Face à une multiplication potentielle des listes, la circulaire autorise les maires à scinder les panneaux en plusieurs parties identiques, à condition que chaque partie reste de taille identique et permette l’apposition des deux affiches réglementaires (A3 et A1). Autrement dit, lorsque le nombre de listes candidates est élevé, des adaptations sont possibles. La séparation doit impérativement se faire dans le sens vertical (verticalement), afin de respecter l’ordre des listes issu du tirage au sort. Les communes peuvent également fabriquer leurs propres panneaux, sous réserve que les surfaces soient planes et en bon état. En revanche, le chevauchement des affiches entre listes est strictement interdit, tout comme l’utilisation des panneaux en recto-verso, qui romprait l’égalité de visibilité. Les maires peuvent également construire leurs propres panneaux ou délimiter des espaces sur les murs des bâtiments publics.
5) Lutte contre l’affichage sauvage
La circulaire réaffirme l’interdiction de tout affichage électoral en dehors des emplacements réservés et des panneaux d’expression libre, et ce, depuis le 1er septembre 2025. En cas d’infraction, le maire peut mettre en demeure la liste concernée (envoi obligatoire d’une lettre de mise en demeure au représentant de la liste concernée, avec copie au préfet) et procéder, à défaut de régularisation, au retrait d’office des affiches. Une amende administrative forfaitaire de 1 500 € peut être prononcée par le maire sous réserve que des panneaux d’expression libre aient bien été prévus, sans préjudice des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à 15 000 € d’amende et un an d’emprisonnement pour le candidat bénéficiaire d’un affichage irrégulier.
6) Anticiper le remboursement des affiches par l’État
Pour préparer le remboursement par l’État des affiches, les maires des communes de plus de 1 000 habitants sont invités dès à présent à déterminer le nombre d’emplacements qu’ils vont installer pour pouvoir les communiquer aux préfectures lorsque cela leur sera demandé, en amont du scrutin. Ce recensement conditionne le remboursement par l’État des affiches électorales. L’État a en effet besoin de recenser le nombre total d’emplacements afin de calculer le nombre maximal d’affiches susceptibles d’être remboursées aux candidats et de communiquer ce chiffre à ceux-ci en amont, lors du dépôt des candidatures.
7) Vérification de l’apposition effective des affiches
Enfin, il peut revenir aux communes de plus de 1 000 habitants de vérifier que les candidats ont bien apposé leurs affiches sur les panneaux officiels qui leur sont attribués. Le remboursement de l’État ne se fait, en effet, que si les affiches ont été réellement apposées. Il est fourni, en annexe de la circulaire, un modèle « d’attestation de carence d’affichage », dans lequel le maire atteste (photos à l’appui) que tel ou tel candidat n’a pas apposé ses affiches sur un ou plusieurs panneaux de sa commune.
— Dernière mise à jour le 15 janvier 2026