Ouverture du droit à la retraite progressive à partir de 60 ans au lieu de 62 ans pour les agents de la fonction publique territoriale à compter du 1er septembre 2025 au même titre que pour les salariés

À compter du 1er septembre 2025 , le dispositif de retraite progressive sera accessible dès 60 ans pour tous (précédemment accessible deux ans avant l’âge légal de départ à la retraite). Cette avancée sociale, entérinée par deux décrets du 15 juillet 2025 publiés au Journal officiel du 23 juillet 2025, découle de l’accord national interprofessionnel du 14 novembre 2024, et plus particulièrement de son avenant en faveur de l’emploi des salariés expérimentés. Cet accord prévoit notamment de faciliter l’accès à la retraite progressive et de renforcer ainsi l’attractivité de celle-ci. Il est conclu entre trois partenaires sociaux : le Medef (Mouvement des entreprises de France), la CFDT et la CFTC. Néanmoins, selon la volonté du gouvernement, cette mesure concernera à la fois les salariés du secteur privé et les agents de la fonction publique (fonctionnaires et contractuels). Elle leur est donc étendue. Ce dispositif permet d’aménager sa fin de carrière et de bénéficier d’une fraction de sa retraite tout en poursuivant une activité professionnelle réduite, à temps partiel (ou non complet). La personne peut ainsi continuer à cotiser jusqu’à sa retraite « complète » avant son départ définitif pour améliorer le montant de sa retraite. Rappelons que, suite au relèvement progressif de l’âge légal de départ à la retraite (de 62 à 64 ans) en 2023, l’âge d’accès à la retraite progressive avait lui aussi été décalé de deux ans, passant de 60 à 62 ans pour les assurés nés à compter du 1er janvier 1968. Grâce à ce décret, l’entrée dans ce dispositif sera donc de nouveau possible à partir de 60 ans, peu importe l’année de naissance des assurés.

Les deux décrets relatifs à la retraite progressive à 60 ans, parus le 23 juillet 2025, concernent donc :

  D’une part, les assurés relevant du régime général, des régimes spéciaux et notamment du régime de la fonction publique de l’État, du régime des salariés et non-salariés agricoles et des régimes d’assurance vieillesse des professions libérales et des avocats ;

- D’autre part, les agents des collectivités locales et les ouvriers des établissements industriels de l’État.

Le bénéfice du dispositif de retraite progressive dans le cadre de la fonction publique est attribué sur demande de l’agent public et aux conditions suivantes :

• Avoir au minimum 60 ans.
• Avoir 150 trimestres validés tous régimes confondus (soit 37,5 années de carrière).
• Exercer une activité à temps partiel comprise entre 50 % et 90 % d’un temps complet.
• Avoir l’accord explicite de l’employeur sur l’aménagement du temps de travail.
• Effectuer les démarches administratives auprès de la caisse de retraite concernée via son employeur ou par soi-même sur « Ma retraite publique et sur le portail www.info-retraite.fr ».

Dès lors que les conditions sont remplies, c’est la date de présentation de la demande qui détermine la date d’effet de la retraite progressive, à moins que la date d’effet demandée ne soit postérieure. La pension partielle est due à compter du premier jour du mois suivant la date à laquelle les conditions d’éligibilité sont réunies, sauf si ces conditions sont réunies le premier jour du mois. Elle est alors due ce jour-là. La retraite progressive peut prendre fin, à titre définitif, pour deux raisons (outre le décès) :

  reprise d’activité à temps plein ou à temps non complet supérieur à 90 %
  retraite définitive

De même, il faut noter également que lorsque :

  l’agent est à temps plein : il demande à son employeur un temps partiel et sa retraite progressive ; l’employeur conserve son pouvoir d’appréciation en matière d’autorisation du temps partiel dans un délai de 2 mois.
  l’agent est déjà à temps partiel : il demande sa retraite progressive.
  l’agent est à temps non complet affiliable et inférieur à 90 % du temps complet : il demande sa retraite progressive sans changement de taux horaire.
  l’agent est à temps non complet sur un ou plusieurs emplois dépassant 90 % du temps complet : il doit réduire son temps de travail pour pouvoir faire sa demande de retraite progressive.

Le montant perçu de la pension de retraite dépend de la part de l’activité à temps partiel. Ainsi, lorsqu’un bénéficiaire décide de travailler à 60 %, il percevra 40 % de sa pension de retraite progressive. La formule est simple : la fraction de pension versée correspond à la différence entre 100 % et le pourcentage du temps travaillé.

Lire le décret n°2025-680 du 15 juillet 2025, paru au JO du 23 juillet 2025
Lire le décret n°2025-681 du 15 juillet 2025, paru au JO du 23 juillet 2025

— Dernière mise à jour le 28 août 2025

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